Samedi 12 octobre 2013

 


Retour au pensionnat à la campagne sur M6

Synopsis : Les vingt-quatre adolescents de cet établissement, qui reprend les codes et méthodes scolaires des années 1950, poursuivent l'expérience, toujours dans l'objectif de décrocher le certificat d'études de leur grands-parents. Pendant que certains sont en étude pour réviser leurs cours, d'autres travaillent pour le bien de la communauté. Ces derniers doivent s'occuper du service au réfectoire mais aussi de l'entretien du potager et de la basse-cour. Mais si certains élèves intègrent rapidement les règles de la vie en communauté, d'autres, en revanche, ont plus de mal. Punitions et avertissements commencent à tomber... Pour quelques pensionnaires, la menace d'un conseil des maîtres, prémices d'un conseil de discipline, et donc d'un renvoi, semble inéluctable !

"Une caricature ennuyeuse de l'école en 1950"
9 ans après Le Pensionnat de Chavagnes, M6 diffuse Retour au pensionnat à la campagne


Nous avions eu droit déjà, les plus anciens d'entre nous s'en souviennent sans plaisir particulier malgré les 5 millions de téléspectateurs à l'époque, au Pensionnat de Chavagnes en 2004... et rebelote au Pensionnat de Sarlat en 2005. M6 ....a tristement récidivé...

Je passerai sur les aspects éducatifs et sur l'image de l'internat qui sont véhiculés dans l'émission. Faut-il tirer sur une ambulance? Même les profs les plus archaïques et les plus rétrogrades devaient s'étrangler devant leur poste de télévision.

Arrêtons-nous un instant sur cet établissement censé représenter les années 50. Pourquoi 1950 ? Et pourquoi pas un collège Jésuite du XIXe siècle ? Ou bien une leçon à la cour de Charlemagne? Mieux encore, un centre d'apprentis pour gladiateurs dans la Rome Antique ? Ah ! c'est sans doute à cause du mythique Certificat d'études. Oui, bien sûr. Le fameux Certificat.

Le château, situé en Belgique, est propre. La vingtaine d'ados est bien "typée" mais pas trop. Le casting des profs impeccable. Mademoiselle Lareigne, la surveillante, est plus vraie que nature. Elle hurle, elle hurle sans cesse. "On dirait une chouette" dit une charmante fille qui doit être insupportable en cours... La réplique aurait pu être rigolote, elle ne l'est même pas!

Point de magie ou de fantaisie ici. Harry Potter est très loin, très très loin. Cette lourde caricature du système scolaire de nos grands-parents est ennuyeuse. "Nouvelle formule", nous disait la chaîne ? Plus authentique ? Punitions à foison, chahut au dortoir, gavage à l'huile de foie de morue, dictées... Tout y passe et pas que des meilleures. Cette "nouveauté" m'a permis de zapper abondamment...

La peur de la campagne

Sauf lorsqu'une voix off, venue de l'au-delà sans doute, répète inlassablement, des dizaines de fois: "A la campagne", "dans un pensionnat rural de l'époque", "encore plus dans les campagnes", "l'école rurale"... Nous avons même eu droit à un "reportage historique" sur le travail que devaient fournir les enfants dans la ferme de leurs parents...

Pour en revenir à la ruralité et au travail à la ferme, les enfants étaient bien des aides agricoles. Parfois les travaux demandés dépassaient leurs forces. Le plus grave est qu'il n'avait pas ou pratiquement pas d'enfance, pas d'insouciance. Généralement, très jeunes les enfants gardaient les bêtes, soignaient les poules et s'occupaient des frères et soeurs plus jeunes. Beaucoup de jeunes filles dans les zones rurales se mariaient tôt et en dehors de ce "débouché", elles apprenaient la "sténo-dactylo" ou avec le BEPC entraient dans "les postes". Les matheuses (déjà) accédaient à l'école normale. Ainsi la première génération des "baby boomers" n'est pas ce que l'on raconte. La dureté de la vie dans nos campagnes était pour les jeunes ruraux une raison de s'accrocher aux études. Surtout pour les filles. Le témoignage de Madame Bachelot m'a étonnée, elle aurait porté ses sabots qui lui écorchaient les pieds, si elle le dit...Pour en finir, je n'ai pas trouvé de haine particulière envers cette France Rurale des années 50 (80% de la population),et encore vous n'avez vu la vie de la ferme que de l'extérieur. A l'intérieur la vie était spartiate. Il y avait des dortoirs de 50 élèves sans cloison et ces longs bacs où on se lavait à l'eau froide. A côté la vie des enfants de maintenant est une vie de princes jusqu'à un âge fort avancé. Une véritable métamorphose de la société s'est opérée depuis les années 50 avec le recul des tâches physiques. Ils sont les enfants d'un autre monde où effectivement l'écriture à la main risque de disparaître et tant pis pour la musique des vers de Racine chère à madame Bachelot et à moi-même. Même avec le chômage endémique tout le monde a son smartphone, ses jeux vidéos et autres et ne risque pas de traire les vaches sauf dans l'émission" l'amour est dans le pré !" Le monde rural de l'émission de M6 a définitivement vécu, celui des entreprises agricoles gérées par ordinateur avec le blé côté en bourse et la PAC est bien en place. Merci.